Les figures légendaires

La Création de l’école YUE SAN SHOU

La tradition attribue la paternité du Xing Yi Quan au Général YUE FEI (1103-1142). Véritable héros populaire encore vénéré de nos jours, YUE FEI était un expert réputé de l’art de la lance. Son frère juré avec lequel il rivalisait d’adresse et de courage fut tué à coup de pied et de poing par des brigands l’ayant surpris sans son arme. YUE FEI, effondré, jura que cela ne lui arriverait pas. Il mit donc au point une méthode de combat à main nue basée sur les principes fondamentaux du travail de la lance et nomma cette nouvelle école « YUE SAN SHOU » (les Trois Mains de Yue).

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Le Genéral YUE FEI

Elle se différenciait des techniques habituelles par des mouvements plus coulés et plus simples. Ayant fait preuve à diverses reprises de son efficacité, cette nouvelle tendance connut assez vite un important succès. YUE FEI fut même chargé de l’enseigner aux Officiers Généraux de la Garde Impériale de NAN SUNG.

Le Maître GUO YUN SHEN

YUE FEI eut de nombreux disciples qui à leur tour en initièrent de nouveaux. Parmi les plus connus, on peut citer LI LO NENG (1842-1919) qui eut un élève particulièrement turbulent nommé GUO YUN SHEN (1864-1935). Le Maître GUO YUN SHEN était persuadé de la supériorité du XING YI QUAN sur toutes les autres écoles, il recherchait tout occasion de combattre. De nombreux duels se soldaient par mort d’homme, ce qui lui valut le surnom de FO JUN SHA (Fo Jun = paume ; Sha = démon, assassin) : « La Paume Divine ».

Puis il décida de parfaire ses recherches auprès des Taoïstes afin de mieux comprendre les fondations de l’interne, fût-ce dans les Arts Martiaux. Il choisit d’intégrer dans son enseignement du XING YI QUAN des principes essentiels du BA GUA, notamment au niveau des déplacements circulaires. Il résolut, enfin, de prendre en considération la méthode et non l’enseignant.

Il étudia donc la « Gymnastique Taoïste » (DAO YIN FA) de l’école LING PAO MING SIU TAN PAI QI GONG (« Exercices Energétiques de la Petite Réalisation du Joyau Ecarlate ») ainsi que la philosophie du Tao, ayant parfois à subir, sans broncher, les railleries de ses confrères jugeant ces choses totalement inutiles. Il étudia également plusieurs écoles externes, acceptant de suivre les conseils de Maîtres qu’il aurait facilement pu vaincre en combat réel. Il fut l’un des premiers à admettre que l’externe pouvait parfois être d’un apport intéressant au sein d’une école Interne.

Il décida, enfin, de créer sa propre école. Afin de ne pas blesser ses élèves, il intercalait son autre main quand il frappait de la paume. Très démonstratif, il ne dédaignait pas prouver ses capacités. Il se fit photographier fracturant d’une paume un mur de brique, se faisant passer sur le corps par un camion chargé d’une douzaine de personnes ou tordant une barre de fer d’une simple traction du poignet. Profitant des études accomplies chez les sages Taoïstes et reprenant les principes de leurs techniques psychosomatiques utilisés en acupuncture, il ne conserva que cinq mouvements jugés par lui comme fondamentaux. Peu à peu la nouvelle méthode prit forme, prenant appui sur les textes fondamentaux des philosophes Taoistes, sur les techniques de santé, sur l’ancien art de combat du Xing Yi.

GUO résumait lui-même son enseignement de la manière suivante : « J’ai étudié l’art de la Ligne et du Triangle avec Li Neng Jan, Tung Hai Chuan m’a fait pénétrer le cercle, dans la voie du Tao j’ai découvert la nature, la prison a affermi mon assise (carré)… maintenant, libre, je pratique la spontanéité. »

Parmi ses élèves, GUO eut comme disciple WANG XIANG ZHAI (1885-1963), qui, bien que de petite taille et de constitution fragile, développait une force exceptionnelle. Tout en se référant au XING YI QUAN, il nomma sa méthode DA CHENG QUAN.

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