Une discipline aux multiples facettes

Des trois écoles internes (Nei Jia) des Arts Martiaux Chinois, le Tai Ji Quan, le Ba Gua Zhang et le Xing Yi Quan, cette dernière représente la branche la plus ancienne.

On traduit habituellement Xing Yi Quan (ou Hsing I Chuan) par « Poing (ou Boxe) du Corps et de la Pensée ». Cette traduction mot à mot est correcte mais insuffisante.

L’étymologie du Xing Yi Quan

Il y a quelques décennies, les Arts Martiaux Internes (Nei Chia Wu Shou) subissaient encore le sceau du secret : ce qui est interne se doit de rester caché aux yeux et aux oreilles des profanes. Le nom réel de la méthode n’était divulgué qu’aux seuls initiés.

Vis-à-vis du monde extérieur, et plus particulièrement du monde des Arts Martiaux externes, le Xing Yi Quan était souvent connu sous le terme de San Tui Quan (Boxe aux Trois Jambes), ceci à cause d’un déplacement spécifique surprenant bon nombre d’adversaires. Un autre nom, moins utilisé, était Wu Yi Quan (Boxe des Cinq Éléments), en référence aux Cinq Éléments de l’Acupuncture et de l’Énergétique (Eau, Bois, Feu, Terre, Métal) utilisés dans la pratique. Dans ces deux cas, ces appellations impliquaient un certain respect.

La première sous-entendait qu’il fallait se méfier du fameux déplacement capable de couvrir une large distance sur une seule impulsion comme si le pratiquant « se déplaçait sur trois jambes au lieu de deux » ! La seconde mettait en garde contre une connaissance de l’acupuncture et de la science médicale, donc des points vitaux dans des utilisations martiales.

Au niveau des « pratiquants internes », les diverses significations de Xing Yi Quan étaient dévoilées peu à peu, au fur et à mesure de la progression et des différents niveaux de compréhension. Ainsi, la simple lecture des caractères chinois classiques nous donne déjà plusieurs traductions :
–  Poing du corps et de la pensée.
–  Poing de la volonté prenant forme.
–  Poing de la matérialisation de la pensée.

L’essence du Xing Yi Quan

Le Xing Yi Quan comporte donc une tendance martiale destinée à protéger contre les agressions extérieures « comme une muraille », une notion d’équilibre ou de recherche de la mise en harmonie de ce qui risque de s’opposer, une notion de connaissance secrète reposant sur l’homme, sur des fondations solides, sur un désir de s’élever à un niveau avancé, sur le fait de mettre en contact des individus, le tout exprimant une Énergie Visible capable « de se mettre en accord avec la lumière ». Il comporte également une tendance médicale, une tendance philosophique et alchimique.

Limiter la pratique à un seul de ces éléments ou refuser d’en admettre un autre correspondrait à une perte de la substance réelle du Xing Yi Quan…

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