Le haut-lieu des Faux

Les faux de Verzy sont habités depuis la plus haute antiquité, comme le prouvent la hache et les objets préhistoriques que nous y avons trouvé. Les moines de l’abbaye de St-Basles n’ont fait que protéger ces arbres qui y demeuraient déjà depuis longtemps. Le nom de cette abbaye, se référant au dieu celtique Baal, laisse à penser que les Celtes y pratiquaient déjà quelque rituel sacré.

Il faut ajouter à cela que les Rois de France venaient s’y recueillir la veille de leur sacre, fait qui a donné son nom au Sentier de la Forêt Royale où se déplacent les promeneurs des temps modernes. La légende y fait séjourner Jeanne d’Arc et d’autres personnages célèbres. N’y a-t-on pas vu il y a quelques années un président en exercice, faisant des infidélités au mont Beuvray ? Aujourd’hui encore trop de personnes pensent que les moines de l’abbaye Saint-Basles sont à l’origine de ces arbres : il n’en est rien.

Au Moyen-Âge, les villageois les appelaient les arbres de la colère divine, de la Foudre, référence à l’ancien culte de Baal. Ce dieu est à la base même de nombreuses croyances actuelles, c’est le Bélier, l’agneau rédempteur. Peu de personnes connaissent ce dieu phénix, qui renaît à chaque orage. Baal signifie “seigneur, maître” en sémite. Il fut vénéré tout au long de l’antiquité, traversant les âges, changeant de nom sans jamais perdre sa dimension de dieu colérique mais bénéfique, s’appelant tour à tour Bel-Marduk, Belos, Belenos ou Zeus-Belos chez les Grecs. Son culte perdura de -3000 ans jusqu’à la fin de l’époque romaine. Une des versions les plus connues de Baal est sans conteste son Culte à Carthage, où il pris le nom d’Hammon Baal et où toute l’ampleur de son culte fut révélée ; il pris fin avec le rasage de Carthage par Scipion. Le sol fut salé pour que rien ne repousse sur cette terre maudite. On retrouva des traces de Baal dans la Bible, apparaissant comme l’avatar même des faux dieux (par opposition au vrai dieu de la Bible).

Les faux de Verzy comme beaucoup de hauts lieux, sont très souvent touchés par la foudre (le Dieu Baal encore une fois). Un des deux chênes faux, situé dans la zone protégée, et qui était autrefois un des points de passage obligés de la procession qui partait de l’Eglise du Village, montre aujourd’hui qu’il fut maintes fois frappé.

J’ai habité de nombreuses années à Verzy et me suis souvent promené dans cette forêt avec mes chiens, qui appréciaient beaucoup l’endroit, surtout lorsque je pratiquais du Qi Gong ou du Tai Ji Quan. Trois lieux me semblent particulièrement intéressants :

  • le faux Dragon : union parfaite entre un chêne et un faux, il symbolise parfaitement le Tai Ji, l’union du yin et du yang, le couple, l’amour. Ses formes sont particulièrement appréciées des enfants qui le considèrent comme un gentil animal ;
  • le lac aux fées, situé dans la zone protégée, reflète à sa surface toute l’harmonie des cinq éléments présents dans ce lieu. Il est peuplé d’une colonie de petits poissons argentés que l’on trouve habituellement sous d’autre latitudes.

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Le lac aux fées

  • le faux de Saint-Baasles, arbre maître de cette forêt, développe toute sa majesté et sa puissance. Sa branche poussant à l’horizontale et pesant plus d’une tonne est un défi à toutes les règles des maîtres d’œuvre, ainsi qu’à la loi de la gravitation de M. Newton ! De nombreuses formes et têtes animales et humaines sont d’ailleurs visibles lorsque l’on regarde de près cet arbre magnifique, qui ferait envie à tous les druides du monde entier.

 

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Le faux de Saint-Baasles

 Cet arbre est propice aux rencontres et autres connaissances, tel ces compagnons de Muizon, qui m’ont appris à trouver la profondeur de l’eau en ce lieu sacré.

Il y a quelques années, lorsqu’avec mon ami et professeur Daniel Ramelet, nous organisions des séminaires, c’était un des lieux de passage obligé. Un jour apprenant que le feu s’était déclaré dans ce lieu, nous nous sommes précipités tous deux pour apprécier les dégâts. Le feu avait détruit toute végétation autour du faux de Saint-Baasles, et s’était arrêté miraculeusement pour l’épargner dessinant un cercle calciné tout autour de lui. Un bel exemple de ce que l’on peut appeler le Qi de la nature…

Auteur : Georges-Marie Mélin

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